Etika Mondo, nouveau site en préparation

« Chaque réussite de par le monde devient une source d’inspiration et une formidable boite à solutions. »

 

Aujourd’hui grâce à internet, au français, à l’espagnol ou à l’anglais, et aux transports, il est possible de regarder et comprendre ce qui fonctionne ailleurs. Tout ne se transfert pas. Toutefois, chaque réussite de par le monde devient une source d’inspiration et une formidable boite à solutions.

 

Des initiatives éthiques

 

Partout dans le monde des petites entreprises ou associations proposent des solutions pour un monde meilleur autour des sept thèmes suivants : culture, écologie, santé, social, économie, démocratie, éducation. Ce ne sont pas des fables : le monde change. Saviez-vous par exemple qu’en 2011 l’Inde comptait plus de 545 000 exploitations biologiques de moins de 2ha et l’Ethiopie plus de 122 000 d’à peine plus d’1ha ? Saviez-vous que dans le monde on compte quelques 22 000 écoles Montessori et que les méthodes Freinet sont aujourd’hui pratiquées d’Amérique latine au Moyen-Orient, en passant par l’Afrique ?

 

Pourquoi alors le monde ne change pas plus vite ? Si ces initiatives montrent l’exemple, montrent que c’est possible, pourquoi ne se propagent-elles pas ? Et pourquoi je ne suis pas au courant de leur existence ? Je connais l’agriculture biologique, mais je ne pensais pas qu’elle couvre de telles proportions. Et puis manger sain et bon c’est bien, mais dans un idéal de société, l’éthique doit se retrouver dans tous nos gestes quotidiens et nous ne faisons pas que manger. Or, en dehors de l’agriculture biologique, je sais qu’il se passe des choses, j’ai vu passer ça sur les réseaux sociaux, mais je n’en sais pas plus. Je n’ai pas de suivi sur ces projets, je ne me rends pas compte de leur propagation sur les territoires, sur le mien, et puis je ne sais même pas comment ils fonctionnent. Pour en revenir à l’agriculture biologique, finalement je fais confiance à un logo mais je ne connais rien des exploitations agricoles qui font le travail. Sont-elles de petites tailles ? Locales ? Créent-elles de l’emploi ? Est-ce que le bio coûte si cher qu’on le dit à la production ? On est très mal informé en fait.

 

Peu visibles

 

Etika Mondo dénonce le capitalisme comme la source du problème de la visibilité des initiatives éthiques. En effet, les multinationales peuvent investir des sommes considérables dans la propagande publicitaire. Elles sont omniprésentes là où les initiatives éthiques passent inaperçues et donc sont discréditées. En effet, le comble c’est que nous faisons plus facilement confiance à ce que nous connaissons. Or le matraquage publicitaire donne à un public non averti cette impression de déjà vu dont ne disposent pas les initiatives qui proposent des solutions. Le serpent se mord la queue : le capitalisme ne parvient pas à répondre à la crise environnementale et sociale et parallèlement il fait de l’ombre aux solutions. « J‘ai vu ça à la télévision » sous-entend que j’ai reçu une information qui m’a présenté et fait comprendre tel produit ou tel service. J’y accorde donc une part non négligeable de ma confiance et la consommation de masse reste dans les mains du capitalisme qui de nouveau trouve les moyens d’investir dans la publicité.

 

Il est important de considérer que le capitalisme est une mécanique. Pour répondre à cette problématique Etika Mondo fait le pari d’utiliser la même mécanique que le capitalisme pour renverser la vapeur. Un sorte de Judo de l’entreprise. Imaginons un instant mobiliser 10 000 initiatives éthiques à travers le monde et fédérer ainsi 10 000 communautés sur le même site internet. Nous commencerions à rendre visibles sur la toile ces 10 000 initiatives membres. Mais cela ne suffirait pas ! La force du capitalisme et de ses multinationales ne s’arrête pas à la publicité. Un site web peut réussir à attirer du monde sans transformer cet attrait en fidélisation. Aussi, il est aussi important de fédérer les initiatives éthiques que de soigner leur présentation. Et là nous avons un formidable travail de pédagogie à faire ! Qu’est-ce qui fait la valeur ajoutée d’Etika Mondo ? C’est l’engagement éthique de ses membres. Or, comme ces initiatives ne sont pas connues du public, leurs engagements ne sont pas connus non plus, et encore moins les répercutions bénéfiques de ces engagements sur leurs utilisateurs et les territoires les accueillant. Le plus incroyables dans tout ça, c’est qu’il n’est pas rare que même les initiatives n’imaginent pas toute la richesse éthique qu’elles créent.

 

Exploratrices de l’Ethique

 

Pas d’affolement, nous allons avancer pas à pas et changer le monde de manière formidable. Tout d’abord, il nous faut rencontrer les initiatives du monde entier. Donc il nous faut voyager dans le monde entier. Comment concilier ce besoin avec un budget zéro et l’envie de limiter ses émissions carbones ? Et bien en se rapprochant de personnes qui ont prévu de voyager, qui sont sensibles aux valeurs portées par Etika Mondo et qui sont motivées à l’idée de mettre à contribution leur voyage pour une action de bon sens qui soit structurante, c’est-à-dire qui influence positivement sur le long terme. Nous n’avons pas eu à chercher bien loin. Dès qu’Etika Mondo a doucement fait parler d’elle, nous avons reçu plusieurs demandes de femmes intéressées par cette idée. Nous avons décidé de les appeler les Exploratrices de l’Ethique. Evidemment, cette démarche n’est pas fermée aux hommes ! Mais il nous semblait juste de féminiser ce titre puisqu’à ce jour les femmes sont très majoritaires.

 

Pour ces jeunes femmes, le voyage est une quête d’inspiration, un besoin de changement, de découverte, parfois pour trouver sa voie, prendre du recul ou tout simplement souffler et passer du bon temps. C’est à la fois un moment de liberté et l’occasion de bénéficier de nombreuses expériences et connaissances. Elles sont unanimes : un minimum d’organisation est requis. Le voyage est réussi quand un pied à terre est prévu avec la rencontre sur place de connecteurs. Cela n’exclut pas de garder des moments totalement libres qui se construiront au hasard des chemins et des rencontres. Néanmoins, identifier des étapes est une clé essentielle pour que ce moment de vie soit satisfaisant. Il est dommage de perdre du temps en quête d’un lieu où dormir, où manger, et d’organisations à rencontrer. Le lieu passe encore, avec un peu de chance on ne perd qu’un peu de temps. Mais pour ce qui est des organisations, le facteur humain est essentiel et la confiance sera toujours plus facile à construire avant et qui plus est avec un complice sur place.

 

C’est là tout le rôle d’Etika Mondo : aider les exploratrices dans leur préparation. Etika Mondo ne propose pas des séjours, ni des itinéraires pré-mâchés. Etika Mondo n’a pas de participation avec les initiatives pour vous inciter à visiter telle structure voire à vous y impliquer. Les exploratrices de l’éthique sont libres de leur parcours et des thèmes qu’elles affectionnent pourvu évidemment que la démarche s’inscrive dans les valeurs prônées par l’ONG.

 

Etika Tour

 

On ne part pas à la rencontre des peuples comme on loue une chambre sur une plate-forme web. Encore moins pour y parler éthique qui est une notion particulièrement relative puisque très personnelle. Etika Mondo a choisi ce terme pour une simple et bonne raison que nous n’imposons pas l’art et la manière de répondre aux enjeux. Chaque initiative est totalement libre. En revanche, nous demandons à ce que l’intention soit transformée en actes pour des résultats mesurables.

 

De fait, afin que chaque exploratrice de l’éthique soit parée, Etika Mondo propose une formation en ligne sur le thème de l’éthique, de la gestion de projet et de la préparation de l’Etika Tour. A l’issue de cette formation chacune complète un dossier qui suit un protocole précis afin que la préparation ne soit en rien laissée au hasard. Une bonne préparation c’est un Etika Tour réussi ! Et comme dit précédemment, ce cadre n’empêche en rien de s’accorder des périodes en roue libre, essentielles elles aussi.

 

Voyager sous les couleurs d’Etika Mondo se mérite. En effet, l’Etika Tour va jouir d’une visibilité importante à deux niveaux. Chaque exploratrice représente Etika Mondo et doit être apte à en communiquer les valeurs, le projet et le réseau. Parallèlement, Etika Mondo communique largement sur les travaux des exploratrices. Les exploratrices sont donc l’interface. Elles représentent Etika Mondo et les initiatives éthiques. Elles doivent observer et retranscrire objectivement : ni condescendante, ni d’adulation. Leur objectif est de comprendre la valeur sociale, politique et culturelle de ces initiatives dans leur contexte. Elles doivent être en mesure de partager un avis constructif sur l’implication dans les sept champs de l’éthique.

 

Etika Mondo leur enseigne donc l’Ecologie de Projet, une méthode d’analyse. Durant la formation sont aussi abordées les bases du reportage. Car en images ou à l’écrit, le travail final des exploratrices consiste à témoigner de leurs rencontres. C’est par ce biais qu’elles ouvrent une vitrine pour les initiatives trop peu connues. Tout au long de leur Etika Tour, elles peuvent compter sur Etika Mondo pour les soutenir et les accompagner dans leur ouvrage. A la clé, la satisfaction de s’être rendues utiles et d’avoir inscrit leur Etika Tour dans le temps. Ces reportages sont diffusés sur le site internet d’Etika Mondo et peuvent servir de support pour appuyer une démarche pour entrer dans une école ou trouver un emploi corrélé à leurs valeurs. Plus encore, chaque exploratrice aura à loisir de se replonger dans ses articles tout au long de sa vie et de se souvenir de toute la richesse de ces rencontres.

 

Booster l’éthique

 

A leur retour de voyage, les exploratrices peuvent facilement présenter des conférences et des expositions. Elles gardent contact avec la communauté au sein de laquelle chacune s’échange des tuyaux, spots et contacts. Il ne sera pas rare que l’une s’installe dans un pays visité tandis que l’autre repartira pour un nouvel Etika Tour.

 

Du côté de l’initiative éthique, la rencontre avec l’exploratrice peut n’être qu’un début. Si elle le souhaite, elle peut rejoindre le réseau Etika Mondo et suivre elle aussi une formation. Cette fois, une grande partie de l’enseignement focalise sur les stratégies d’entreprise comme la corrélation nécessaire entre le modèle de l’entreprise et sa communication, pourquoi et comment s’intéresser de près à ses utilisateurs, et bien d’autres. L’éthique est aussi étudiée afin d’aider l’initiative à bien identifier l’ensemble de ses activités et influences pour qu’elle en génère un maximum d’impacts bénéfiques sur les territoires, les populations et les utilisateurs.

 

A l’issue de cette formation en ligne, l’initiative possède comme un tableau de bord très complet associant pilotage de projet et bénéfices éthiques . Ainsi, les décisions importantes sont prises plus en conscience, plus rapidement, et génèrent plus d’impact favorable à un monde meilleur. Puis des regroupements d’initiatives sont organisés pour échanger des connaissances et des conseils et favoriser les rencontres. Libre à chaque initiative d’aller plus loin dans les échanges. Etika Mondo favorise les connexions espérant stimuler la progression commune,le progrès éthique.

 

Le petit plus pour les exploratrices et l’engagement pour l’initiative c’est que l’initiative accueille généreusement l’exploratrice ou le binôme pour deux nuits et une journée, incluant les repas. L’initiative peut proposer la gratuité pour un séjour plus long qui permettra un reportage plus mature, mais pas forcément un avis final positif ! Il est important de considérer que les exploratrices oeuvrent certes pour comprendre, apprendre et choisir leur voie, mais l’initiative bénéficie de ce travail et il est motivant pour les exploratrices de se savoir considérée comme il se doit.

 

La valeur ajoutée

 

Le point clé selon nous, qui manque aux utilisateurs, tient dans l’absence d’une vision éthique globale de l’organisation permettant de jauger non seulement le produit mais aussi tout l’impact que son utilisation va déclencher. Par ce manque, il est facile pour de grandes entreprises de « repeindre en vert » leurs activités (greenwashing). L’illusion consiste à compresser des coûts sur un ensemble d’opérations données (économie d’énergie, d’eau et de déchets pour les classiques) sans changer l’ADN. Un pétrolier pourra réduire sa facture d’électricité avec un petit investissement qu’il amortira rapidement et passer pour un as du développement durable grâce à un rapport RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) impeccable. C’est évidemment très caricaturé, parfois ce sont des millions d’euros investis pour l’environnement. Mais quand on sait que l’ensemble du chiffre d’affaire se fait sur la destruction du vivant, une part aussi importante soit-elle (mais ne vous leurrez pas) pour soutenir ça et là quelques opérations de sauvegarde, apparaît pour nous comme un non sens. Qu’à cela ne tienne, la pertinence de l’enseignement que nous dispensons tient dans sa capacité à observer une organisation dans son ensemble et dans ses détails à travers les sept champs de l’éthique. C’est à la clé une analyse complète établie dans l’échange, et qui permet de tenir compte des spécificités professionnelles et territoriales.

 

Et après ?

 

Reprenons : d’abord former des exploratrices de l’éthique qui vont partir « défricher » le monde à la rencontre des initiatives éthiques. Grâce à cette opération, Etika Mondo va commencer à fédérer une communauté d’initiatives éthiques qui va pouvoir monter en gamme en renforçant à la fois son efficacité d’entreprise (qu’elle soit à but lucratif ou pas) et son impact positif grâce à une meilleure considération de ses enjeux et gestes.

 

Alors Etika Mondo sera à même de jouer la carte de la pédagogie. Un projet ambitieux ne se monte pas en quelques semaines. Il est important de cibler les étapes. Nous devons d’abord bénéficier d’une certaine communauté pour devenir ambitieux sur la pédagogie. Arrivés à ce stade, nous dupliquerons des outils de compréhension simples et ludiques afin que chaque internaute comprenne aisément les qualités et les enjeux de chaque initiative. Les initiatives pourront exploiter ces ressources pour améliorer leur communication et donc leur relation avec leurs utilisateurs et les personnes potentiellement intéressées.

 

Côté grand public, nous espérons que dès que le réseau va se constituer nous recevrons une attention. Etika Mondo espère devenir un lieu de culture exposant le monde et ses richesses sans magie particulière, juste le choix de montrer ce qu’il se fait de mieux par des gens ordinaires. Un lieu d’échange aussi, au sein duquel familles et initiatives pourront entrer en contact et réaliser des échanges sans que nous n’intervenions. Des échanges jusqu’aux initiatives entre elles comme nous en avons déjà parlé. Et bien évidemment un outil de réalisation avec les Etika Tours des exploratrices de l’éthique.

 

Qui est Etika Mondo ?

 

Etika Mondo est une communauté qui œuvre en totale indépendance. Pour l’heure son budget est insignifiant : tout juste quelques centaines d’euros. Chacun y va de sa contribution pour agir. D’autres chemins auraient été plus faciles et plus rapides, mais au risque de perdre notre liberté dans la marge de manœuvre. L’équipe au quotidien se compose de Boris Aubligine, MBA, consultant en stratégie d’innovation pour des entreprises éthiques, mais avant tout observateur et militant, et de Laetitia Tubery, ingénieur multimédia, fervente voyageuse, installée en Argentine. Lionel Abdereman, consultant Ruby on Rails, est investi dans Etika Mondo depuis les premières heures, actuellement indisponible car recruté chez Amazon.

 

Autour, gravitent des groupes de travail notamment autour de l’« audit » qui fait l’ADN d’Etika Mondo, la clé de l’Ecologie de projet. On y trouve Bertrand Rodriguez, conseiller en maîtrise de l’énergie et Gaëlle Le Meur, ingénieure de recherche. On y trouve évidemment la communauté de exploratrices avec Ninon Cornuau (actuellement installée au Togo) qui a réalisé l’Etika Tour Bénin et Togo, Joséphina Bos sur le même Etika Tour, Oriana Melikian pour l’Etika Tour Roumanie et Inde et Delphine Vaupré qui démarre l’Etika Tour Amazonie. Etika Mondo c’est aussi un média social sur Facebook et Youtube avec notamment l’implication du bricoleur Lulu, basé à Athènes, et qui anime « Les astuces de Lulu » en proposant des vidéos « tuto » expliquant comment fabriquer des outils de survie à partir de déchets à recycler.

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