ETIKA MONDO : UN ADN A LA JONCTION DE LA CONTESTATION ET DES ALTERNATIVES POSITIVES

Notre ADN est à la jonction de la contestation et des alternatives positives. Fille du mouvement altermondialiste, la (r)évolution Occupy était fortement inspirée par des mouvements comme Via Campesina, Attac, les Faucheurs Volontaires et tenait compte des dérives de Gênes et Seattle. Elle se voulait donc pacifique, contestataire et créatrice. Il est important de noter que la Tunisie qui en est l’émergence a vécue une révolution particulièrement ‘calme’. La grande majorité des martyrs l’ont été à cause du capharnaüm politique et organisationnel plutôt que de confrontations entre le peuple et les forces de l’ordre : le peuple a accueilli l’armée bras ouverts. Aujourd’hui, les femmes et les jeunes croient beaucoup dans la société civile et l’action par les associations. Les initiatives écologiques et sociales pullulent depuis deux ans et si ‘permaculture’ et ‘transition’ ne sont pas encore langage courant, on n’a pu que constater que tous les ingrédients étaient réunis comme en France il y a quelques années (rappelons-nous qu’en 2000 les réseaux bio apparaissaient encore difficilement). Evidemment, la Tunisie fait face à des priorités démocratiques et laïques : pouvoir parler et agir est une condition sine qua non pour œuvrer sereinement dans les alternatives. De New-York, durant Occupy Wall Street, à Paris, en passant par Bruxelles, Athènes et Madrid, nous avons retrouvé la même vision : le mouvement des places publiques pour la mise en place d’une « réelle démocratie maintenant » n’est que la partie émergée d’une aspiration profonde à la philosophie gandhienne et zapatiste qui trouve un équilibre entre désobéissance civile et organisation d’Ashram. Pas étonnant que cet échos se cristallise en France à Notre Dame des Landes où si la résistance use de méthodes défensives plus ‘violentes’, elle nourrit avant tout l’utopie d’un village citoyen, autogéré et écologique au sein duquel couper un arbre est un crime, d’où la radicalisation face à la vision morbide du béton sur la plaine. Reconnaissons, hélas que l’équivalent d’un département disparaît en France tous les 7 ans sous le bitumage intensif et que freiner ce phénomène ne peut pas toujours se faire dans le dialogue puisque ‘en face’ ils ne veulent pas entendre – alors pour ce qui est d’écouter…

 

Cet ADN nous l’assumons pleinement car les anarchistes d’Exarchia nous ont montré un quartier entièrement autogéré sans police et les agriculteurs grecs 28 places de marché organisées chaque semaine dans Athènes… marchés interdits par le Parlement. Nous sommes l’antithèse du greenwashing et c’est justement ce riche équilibre entre l’action directe de la rue et les mains calleuses des campagnes qui fait la richesse du projet Etika Mondo. Peut-être par moment pouvons-nous faire grincer des dents dans les salons, mais nos chaussures ont marché dans des bidonvilles pour aller tester la pertinence d’Etika Mondo. Elles ont aussi été crottées dans les champs de Bija Vidjapeeth. C’est notre nécessité pour relever le défi de faire d’Etika Mondo un projet communautaire international le plus ouvert possible sans jamais galvauder le sens du mot ‘éthique’. Nous refusons l’insurrection stérile qui nourrit les haines et le business de l’armement comme nous refusons la béatitude dans un monde où chaque jour Terre mère se meurt et des enfants vivent l’enfer. Nous assumons notre caractère insurrectionnel qui s’épanouie dans une énergie positive avide de découvrir les solutions qui font de notre monde à tous une maison où il fait bon vivre, une maison ou d’autres enfants vivent un Paradis. Notre mission consiste à découvrir les monceaux et les îlots de Paradis, à les relier entre eux afin de se sentir moins seuls et de diffuser les expériences pour faciliter la transition et parfaire la résilience ; puis à partager ces solutions le plus largement possible pour montrer toute la richesse alternative qui existe à travers le monde et inciter à passer le pas ceux qui n’ont pas encore osé. Et pour ne pas nous tromper de Paradis (tant les artifices sont fins), nous passons par les réseaux militants, ceux qui battent le pavé, car le caractère écorché ne ment pas même s’il peut parfois dévier. A nous d’en comprendre la sève et d’en découvrir le fruit alternatif. Les grandes entreprises ont investi la R&D pour gagner des parts de marché et maintenant c’est l’heure du 2.0. Nous investissons les révolutions positives et citoyennes pour gagner du bonheur collectif, la fraternité des grands soirs, les espoirs de lendemains idéaux car là où l’humain est confronté au chaos social et écologique il invente des trésors comme en Espagne et en Amérique Latine qui sont des exemples incroyables.

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