Exploration du Pacifique, la génèse en Nouvelle-Zélande

Bonjour à tous!

Kia Ora veut dire bonjour en maori, mais il peut aussi signifier: merci,  au revoir,  je te respecte toi et ton âme,  je suis d’accord,  je te vois.

Voilà bientôt quatre mois que notre exploration en duo a commencé en Nouvelle-Zélande, le temps passe si vite que nous avons l’impression que cela vient de commencer!

Nous débutons avec trois objectifs clair:

  • Immersion dans la culture du pays
  • Découverte de la spiritualité maorie
  • L’éveil personnel
La méditation est devenu une activité que nous pratiquons 3 fois par jours

Nous portons un grand intérêt à la spiritualité, cela nous permet de vivre pleinement dans le présent. Un point d’une grande importance est de vivre également dans le non-jugement, car nous savons dès le départ que nous aurons besoins des autres tout au long de notre route. Nous débutons donc avec optimisme, très joyeux, confiants et en prenant notre temps sans nous préoccuper de ce qui peut se passer ailleurs, en partageant notre amour pour la vie avec tous ceux que nous rencontrons.

Cette approche nous éveille à la synchronicité, aiguise et nous aide à écouter nos instincts. C’est un avant-goût extrêmement intense pour le futur EtikaTour que nous mènerons à la fin de l’année à notre retour en Nouvelle-Zélande, grâce aux contacts que nous avons créés lors de ce voyage. La culture et la santé étant les points qui nous touchent plus particulièrement, cela sera sur ces deux champs de l’éthique que nous avanceront.

Notre parcours :

Depuis novembre 2015, nous explorons en duo ce territoire fabuleux d’Aotearoa, qui signifie en maori :

La terre au long nuage blanc.

Nous  voyageons en auto-stop pour laisser la porte ouverte à l’imprévu sur notre chemin.

Nous débutons sur l’île Sud à Christchurch, traversons le territoire via Queenstown pour rejoindre la West Coast et remontons toute l’île jusqu’à la dernière ville sur la seule route de l’ouest, Karamea, lieu extrêmement fort énergétiquement.

Nous voyageons ensuite en direction du nord-est jusqu’à Picton, pour prendre le ferry via le Détroit de Cook pour rejoindre la capitale, Wellington.

Nous allons jusqu’au cap le plus à l’Est pour ensuite rejoindre Cape Reinga à l’extrême Nord, où la Mer de Tasmanie rencontre le Pacifique. C’est depuis la dernière ville avant ce cap, que nous vous écrivons, à Kaitaia.

Sur notre route, nous découvrons des paysages à couper le souffle. Chaque endroit possède un charme unique avec une nature bien plus présente que les villes. L’air arrivant jusqu’à nos narines transporte:

la fraîcheur des rivières,

des lacs de montagnes,

la puissance des glaciers,

les mystères du bush et les forêts primaires,

l’énergie fabuleuse de la mer de Tasmanie et de l’océan Pacifique,

Cape Reinga, lieu magique où La mer de Tasmanie et l’océan Pacifique se rencontrent

la force des côtes rocheuses,

la douceur des plages paisibles,

et le respect traditionnel des lieux sacrés.

La trame de fond :

Guidés par notre intuition et dirigés avec le cœur, nous vivons des rencontres réellement authentiques avec les locaux et l’accueil est vraiment chaleureux avec chacune des familles nous hébergeant, nous faisant partager leur quotidien, leur croyance, leur culture et leur lieu de vie. Nous sommes reçus comme des invités, devenons véritablement amis, puis repartons comme des membres de leur famille. Les personnes nous disent qu’ils sont impressionnés de voir des étrangers de l’autre côté de la Terre, venir ici, apprendre la culture maorie et parler leur langue. Des moments inoubliables où l’Amour est présent à chaque instant, dans chaque geste, chaque pensée et nous sentons alors une joie pure de se trouver au bon endroit, au bon moment.

Les expériences :

 Il faut savoir lâcher-prise pour accéder à ces moment synchronistiques. Partir par moment sans savoir où nous dormirons le soir-même. En faisant ces enrichissantes rencontres, nous vivons des moments très privilégiés. Nous repartons parfois avec un cadeau inestimable, qui n’est pas seulement physique ou sacré, mais qui contient la richesse de l’expérience, la reconnaissance des moments passés ensemble.

Lors de notre semaine passée à Hokitika,  nous avons le privilège d’être invité dans une marae pour préparer la réunion privée annuelle de tous les chefs de tribus du pays. Les rencontrer en étant intégrés comme les membres de la famille est un souvenir que restera gravé dans nos mémoires à tout jamais et décuple notre énergie.

Le père de famille qui nous loge est le porte-parole de cette marae. Il est également l’expert et référant en recherche de pounamu (la jade verte de Nouvelle-Zélande). Avant notre départ, la famille nous a offert à chacun un collier avec un pounamu spécialement sculpté pour nous et bénit selon la tradition. Ce cadeau apporte chance et protection à celui qui le porte. Nous recevons également un pounamu brute, reconnu comme étant celui qui a la plus grande valeur pour les maoris. Ces présents offerts avec amour, ne sont pas seulement physiques, ils portent en eux les expériences vécues et le souvenir des moment partagés ensemble. Un présent que l’on ne peut acheter ou trouver dans une boutique de souvenirs.  Un trésor qui se retrouve maintenant à l’intérieur de nous, que l’on ne pourra jamais nous retirer.

Avec la famille White à Hokitika

Les rencontre avec les personnes agissant pour leur pays, respectant la nature, sont extraordinaires. Nous faisons la connaissance, grâce à la famille qui nous loge à Turangi, d’une maorie se trouvant être la manager d’Aphi Farm, une ferme en permaculture.

Nous vous réservons un article dans le futur, car l’endroit vaut vraiment le détour.

Elle a monté un merveilleux lieu de vie, accueillant locaux, woofers étrangers et écoles, voulant apprendre en participant à la construction de bâtiments en matériaux écologiques disponibles sur place, au fonctionnement du jardin et la gestion des ruches pour le miel.

Les personnes partagent ce qu’elles possèdent avec plaisir, leur repas comme leur lieu de vie. Il existe une réciprocité magnifique entre les différentes tribus et les locaux. Ils s’échangent des produits de leurs jardins ou selon les régions, certains sont plus portés sur la pêche, d’autre la viande. Pour exemple, lors de rencontres telles que les cérémonies et les évènements familiaux, chacun amène ce qu’il possède pour le partager.

Les maoris, donnent une part très importante au spirituel, ainsi qu’à la préservation de leurs terres. Leurs croyances et le respect des ancêtres vont de paire. Pour la pêche, craignant la colère des dieux, ils demandent et remercient le gardien Taniwha et le dieu de la mer Tangaroa avant de toucher l’eau pour prendre la nourriture qu’ils prélèvent. Ils agissent toujours en fonction de leur besoins pour nourrir leur famille et amis, en vue de ne pas épuiser les stocks naturels.

Les points négatifs :

Nous ne généralisons pas mais tous ne respectent pas forcément leur environnement. Nous observons des personnes utiliser des herbicides, brûler leurs déchets plastiques dans le jardin, les enterrer ou même les abandonner dans la nature juste pour éviter de payer les deux dollars au dépôt d’ordures.

Ceci est le pire exemple que nous ayons trouvé, heureusement cela reste rare.

De plus, nous constatons qu’ici aussi, le premier qui ne respecte pas l’environnement est le gouvernement qui est dirigé en arrière plan par les multinationales. Certaines actions vont vraiment très loin pour dominer le monde traditionnel et prendre les droits sur les terres aux locaux qui s’en occupe de génération en génération.

L’exemple le plus flagrant est la signature du premier ministre John Key, en faveur du TPPA (Trans-Pacific-Partnership-Agreement) le 4 février 2016, sans l’accord des chefs maoris et celui de la population. D’innombrables projets de lois sont actuellement en cours de réforme et en discussion pour prendre les terres qu’ils considèrent inutilisées. Le bush, les forêts ou les milieux sauvages intacts veulent être transformés en fermes, foresteries, hôtels ou encore les vendre à la Chine et aux États-Unis. Ici, comme dans le monde, nous n’échappons pas aux lobbys qui utilisent le gouvernement pour faire adopter des lois qui vont à l’encontre des droits du peuple.

Une grande émotion :

Le 6 février s’est déroulé la fête annuelle de la signature du Traité de Waitangi , cela se rapproche de la fête nationale du 14 juillet pour vous donner un exemple. Le premier ministre est habituellement présent, mais avec la signature du TPPA le 4 février, cela a provoqué d’énormes tensions entre le gouvernement et les chefs de tribu, qui lui ont fait comprendre qu’il n’était plus le bienvenu. Par cet acte, il a rompu l’accord qui unissait le gouvernement et les maoris, laissant place au traité original fait avec la couronne d’Angleterre, le Te Tiriti o Waitangi, qui rend aux maoris leurs droits et contrôles sur leurs terres. A l’heure actuelle, le gouvernement de John Key, suit ses démarches en faveur du TPPA et les tribus s’organisent à mettre en place leur gouvernement en suivant le Te Tiriti o Waitangi.

Un ami Kamatuha (maori généralement âgé et respecté, bénissant les cérémonies, personnes et lieux), nous a proposé de l’accompagner lors des discussions organisées à l’intérieure de la marae à Waitangi le 5 et 6 février.

Marina et notre ami Kamatuha Robin Whanga

Nous avons donc le privilège d’assister à la rencontre entre les ambassadeurs des pays du monde entier et assistons ensuite aux discours des différents chefs de tribu. A la fin du deuxième jour, des solutions concrètes doivent être prises pour rassembler au mieux les tribus maories afin de créer leur propre gouvernement.

Marina avec deux chefs de tribu

Avant la fin, notre ami Kamatuha, demande et donne l’autorisation à Marina de parler aux chefs présents, à l’endroit spécifique de prise de parole. Un discours fait avec le cœur qui va émouvoir toutes les personnes encore présentes et sera la conclusion de cet évènement spécial. Il est donné en maori et anglais, résultant de nos compréhensions, du vécu, donnant un point de vue sur la situation et la raison pour laquelle il est important que le peuple maori s’unisse. Tout le monde écoute avec attention et est extrêmement ému. Cela va jusqu’aux larmes pour certains. Une femme qui vient de perdre son fils, se lève spontanément et aide Marina à finaliser le discours avec une chanson maorie (waiata) comme ils le font traditionnellement pour chaque personne prenant la parole. Les chefs remercient chaleureusement Marina et appuient sur l’importance d’écouter les personnes venant d’ailleurs et ayant le recul sur la situation. C’est un moment unique, à la fois pour nous et les maoris, car cela est rarissime qu’un étranger puisse prendre la parole lors de ces évènements entre chefs et membres de tribus.

Nous croisons à l’extérieur de la marae des touristes, des backpakers venant jeter un coup d’œil à ce jour spécial, certains écoutent brièvement mais la majorité prend un selfie et s’en vont. Ce sont dans ces moments-là, où nous réalisons que nous ne sommes pas des touristes, ni considérés comme tels.

Ces moments partagés nous donnent d’excellentes leçons de vie, nous aident à prendre du recul sur beaucoup d’événements de la vie, et nous réalisons que ce ne sont en effet pas les plus riches qui sont les plus généreux. L’Amour est partout, appelé ici Aroha en maori, il est la base de toutes discussions, échanges, fonctionnement et savoir-être. Lors de réunions organisées entre gérants des terres ou au sein d’une famille, ils mettent en avant le lien générationnel et le respect de l’amour transmis des ancêtres pour leurs enfants et petits enfants.

Nos recommandations :

Pour se lancer dans une aventure comme celle-ci, il ne suffit pas simplement penser partir sur la route en pouce et sac-à-dos. En premier lieu, il faut partir avec de bonnes intentions et il y a une très grande part de bon sens en ce qui concerne la prise de conscience et donner du sens aux rencontres. Faire de l’autostop aux bonnes heures, aux bons endroits et savoir dire « non » quand nous avons une appréhension envers une personne qui s’arrête. Il faut être à l’écoute de son intuition, ce qui nous mène directement vers les bonnes rencontres, les bons endroits, au bon moment. Prévoir des points de chutes, des étapes sur le trajet, en laissant place aux imprévus et opportunités qui peuvent se présenter lors des rencontres.

Même si nous faisons confiance à la synchronicité et sommes dans une démarche positive, il faut assurer ses arrières. Nous ne somme pas dans l’optique de consommation touristique et privilégions au maximum la rencontre avec les locaux. Nous laissons donc les hôtels, auberges de jeunesses et campings comme dernière solution d’urgence. Nous essayons de prévoir, dans la mesure du possible, notre arrivée en contactant des amitiés créées sur la route, créées avant l’aventure en duo (Marina est arrivée sur place avant Michael), ainsi que l’envoie de demandes de couchsurfing (site internet où les locaux proposent un lit ou canapé pour une ou plusieurs nuits, et d’échanger autour d’un bon repas, le tout gratuitement, seule la richesse des rencontres et discussions y est présente).

Pour nous, les opportunités se sont présentées de telle sorte que nous n’avons fait aucun couchsurfing, malgré l’envoi de demandes. La recette est d’être positif, confiant, joyeux, ouvert aux autres et à la discussion. En parlant de notre situation, notre philosophie du voyage, en expliquant notre exploration, les portes s’ouvrent et les locaux nous proposent d’eux-même leur accueil.

Il y a un point particulier qui joue beaucoup en notre faveur lors de ces rencontres, la majorité des maoris, culturellement sensible à l’invisible, nous trouvent spéciaux. Ils ressentent ce qu’ils nomment la wairua (âme, esprit et intention) de la personne qu’ils rencontrent. Ils tissent spontanément avec nous un lien parfois expliqué en terme de vies antérieurs ou nous disent simplement « ton âme possède quelque chose de vraiment très spécial et intéressant« . Cela nous ouvre beaucoup de portes sur notre parcours et nous accorde facilement la confiance des gens.

 C’est ce dernier point très important qui nous a ouvert les portes d’un maître spirituel où nous sommes logés actuellement. Guérisseuse et formatrice, elle nous guide à travers la méditation sur la voie de l’éveil personnel et spirituel. Elle nous forme aux méthodes de bien-être par le massage et les soins énergétiques. Nous suivons notre apprentis-sage et nous nous concentrons sur ce travail personnel pour approfondir ensuite notre préparation en juin, pour l’ EtikaTour de Nouvelle-Zélande que nous avons décidé de mener à la fin de l’année, grâce aux contacts faits durant cette première exploration du territoire.

 

Fort de cette expérience :

Cette exploration et les différentes rencontres vécues en Nouvelle-Zélande, nous ont permis de réaliser une chose très importante. Qui dit îles du Pacifique, dit forcément bateau, voilier plus précisément pour nous. Face à la difficulté de faire du voilier-stop et à la pauvreté de certaines régions, nous ne souhaitons pas accoster sans apporter un soutient aux populations de ces îles en retour. C’est pourquoi, le sac à dos ne suffit plus. Grâce à l’expérience vécue avec le projet La Ohana et ce que nous vivons actuellement, nous sommes en train d’imaginer un nouveau projet de navire. Puisque La Ohana est en stand-bye indéterminé, nous avons décidé de mener notre propre projet avec l’aide d’Etika Mondo pour une gestion entièrement éthique. De sa conception, ses partenariats, jusqu’à son utilisation. Notre rêve est d’amener le monde naval vers encore plus de respect pour l’environnement. Faire un exemple copiable pour tous ceux qui souhaitent faire de même. Comme le recommande Boris Aubligine dans ses conférences, nous allons copier certains points qui nous tiennent à cœur et y rajouter ceux qui manquaient pour nous au sein de La Ohana.

Ce navire du futur, sera un outil pour permettre des rencontres totalement en accord avec les sept champs de l’éthique. Il permettra d’amener les futur.e.s exploratrices et explorateurs dans les lieux de leurs choix pour débuter leur exploration de manière totalement inédite. Cela permettra ainsi à beaucoup de donner vraiment du sens au voyage avec une expérience en mer enrichissante au sein de l’équipage.

Les navires ayant toujours fascinés l’Homme depuis le début de son histoire, il sera un support pour permettre à chacun d’évoluer personnellement. A bord, nous vous feront découvrir un mode de vie totalement éthique et les clés de l’éveil personnel qui nous sont chers.  Ce point essentiel sera l’essence même du projet. La spiritualité aura une part tout aussi importante que l’océanologie et l’éthique. Nous savons au fond de nous que c’est le juste choix pour en premier lieu, être en accord avec nous-même et les personnes qui nous soutiennent. Ainsi, nous souhaitons éveiller la curiosité et la passion de ceux qui souhaitent travailler dans un cadre respectueux, harmonieux et évolutif.

Nous appelons tous ceux pour qui cela vibre au fond d’eux, qui croient que cela possible, à se joindre à cette merveilleuse aventure. Nous sommes réalistes pour qu’un tel projet puisse arriver à terme, il faudra plus que notre motivation, il faut que chacun veuille y amener du sien. Ce n’est pas que pour nous que nous souhaitons faire cela, c’est pour tout le monde.

En conclusion, ce bateau conçu avec Etika Mondo deviendra un exemple pour changer de paradigme, inspirer de nouveaux projets et de nouveaux rêves. Cela va dans le sens de l’accompagnement des rêves de chaque explorateur qui souhaitera rejoindre Etika Mondo. Pour nous, il nous permettra d’avancer sur une voie, en totale harmonie avec notre planète et les humains. Il donnera à chacun les clés pour regarder en soi et vous ouvrir aux possibilité infinie que la vie nous offre quand nous la respectons dans son ensemble.

 

Marina Leoni et Michael Viret

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