麗日永续生活中心 – The Gooday Sustainable developpement lifestyle center

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麗日永续生活中心

The Gooday

Sustainable developpement lifestyle center

麗日永续生活中心 « The gooday sustainable development life center » (« Gooday » – Liri) est un projet qui a commencé à se mettre en place en octobre 2015 dans le hameau de Damoyu (大墨雨村) situé à 20 kilomètres de Kunming. Vous pouvez vous y rendre en prenant le bus C61 depuis Huangtupo (黄土坡) et demander au chauffeur de vous déposer à 大墨雨贝贝幼儿园 (DaMoYu BeiBeiYouErYuan) ; il faudra marcher ensuite une 20aine de minutes pour arriver. Damuoyu est habité par une population majoritairement Yi (彝族).

Après avoir travaillé plus de 5ans dans un laboratoire de recherche en travail social à l’université du Yunnan, Li Tingting, porteuse du projet de « Gooday » « 麗日 » choisis de changer de vie1 et se lance alors dans la création d’une Entreprise Sociale. Son projet part des deux constats suivant : D’une part, l’insécurité alimentaire et le mode de vie en ville (pollution, trafic routier) encourage selon elle, « de plus en plus de personnes à vouloir [changer de style de vie], on sait que le problème est trop grand, on ne peut pas simplement attendre, il faut faire de notre mieux »2. D’autre part, les villages se dépeuplent car les jeunes partent vers les villes en laissant les plus âgés seuls ou avec leurs petits enfants. « Gooday » aimerait permettre à une économie locale de se créer entre les citadins désireux d’aller à la campagne et d’accéder à une alimentation saine, et des locaux du villages qui seraient ainsi encouragés à rester.

Actuellement, le projet de « Gooday » s’organise sur plusieurs espaces : – un lieu de vie : qui contient des dortoirs, une cuisine et un bureau ainsi qu’une une cour intérieure ; – une vieille maison qui sera rénovée entre septembre et juillet (2015-2016) ; et – des champs dont un verger3 qu’elle loue pour l’agriculture. Son projet est de créer un « sustainable lifestyle4 center » qui articule à la fois l’agriculture, des rencontres artistiques et culturelles, un restaurant, et quelque chambres dans le but de créer une « communauté ».

Un retour vers les campagnes ?

Une de ses inquiétudes est qu’en Chine :

« on trouve de moins en moins de nourriture saine et on ne peut pas savoir d’où ce qu’on achète provient », si « tout le monde pars vers les villes et que personne ne veut vivre dans les villages, que personne ne veux être agriculteur, alors qui le sera ? […] Aussi, ces cinq dernières années, quand on va au marché et qu’on achète la nourriture, la qualité est vraiment mauvaise… et… est nocive pour notre santé. […] pourquoi ne pas produire nous même ? Mais on a besoin de méthode et de compétence. Alors, j’ai commencé à trouver différentes idées [pour faire] : J’ai trouvé la permaculture ».5

Très inspirée d’auteurs japonais concernant la permaculture (朴门 : permaculture, 永续农业 : agriculture durable) et de mouvements comme « slow food »6, elle est en contact avec une organisation chinoise de « permaculture design » nommée Hangzhou Pubmen ( 杭州朴门). « Gooday » organise une ou deux activités par mois pour des familles citadines à partir du mois de mai. Elles reviendront six fois dans l’année afin de découvrir tout le processus de jardinage (préparation du terrain, semis, récolte…). Les familles payent 280yuans pour un jour d’activité, repas et outils compris. Les enfants ont entre 4 et 8 ans et on compte environ 13-14 familles par activités.

Les activités de « Gooday » sont communiquées par Weechat et Weibo -principaux réseaux sociaux chinois-, par des partenariats avec d’autres organisations (Hangzhou PuMen) ou via des universités. Les familles découvrent ces activités par bouche à oreilles ou par l’intermédiaire de clubs. Pour un total de trois activités au mois de mai 2016, « Gooday » est victime de son succès puisque officiellement, rien n’a commencé. Li TingTing apprends et enseigne sur le tas, l’agriculture aux citadins. Son projet, par ces activités et la création de cours, est que « Gooday » leur permette d’acquérir des savoir-faire en terme d’agriculture, s’informer, expérimenter une vie « soutenable », et en ayant ainsi appris ce « qu’il est possible de faire », l’appliquer chez eux, même s’il s’agit de cultiver sur de petits espaces en ville (balcons, fenêtres).7

Li TingTing a investi son propre argent dans « Gooday » et loue 4 parcelles dont un verger, cependant les propriétaires sont curieux et le prix n’est pas élevé. Comme les citadins ne peuvent pas être propriétaires, le contrat de location de la maison et des terres dure 15ans. Le verger ne demande pas beaucoup d’entretien, et les parcelles servent de lieux d’activités. Elle plante des vieilles variétés de graines, car s’il n’y a pas de législation qui limite leur utilisation en Chine, la plupart des agriculteurs ont pris l’habitude de racheter des graines chaque années pour gagner du temps. L’agriculture qui est faite dans les champs est surtout biologique (compost, pas de pesticides etc) ; comme le projet de « Eat-well farm » de Heart to Heart Community care8, le but de Li Tingting est de donner un exemple aux paysans locaux et espère que si ça fonctionne bien, les paysans s’en inspireront. Cependant, un certain nombre de familles agricultrices de Damoyu n’utilisaient déjà pas les pesticides, Li TingTing les encourage en les mettant en relation avec des restaurants biologiques situés à Kunming.

Sauvegarde du patrimoine

L’ancienne maison qu’elle loue a une centaine d’années mais est restée à l’abandon pendant 10 ans. Elle est faite de briques de torchis et a été rénovée selon les méthodes traditionnelles et à base de matériaux locaux (de récupération ou naturels, comme le torchis à base de terre et de feuilles de maïs) par des volontaires de Hangzhou Pubmen ( 杭州朴门) puis des employés pour faire un « green building »9 entre septembre et juin 2016.

Le projet de Li TingTing a connu de nombreuses modifications, au départ elle avait simplement prévu de vivre ici. Puis au moment où il a fallu repenser les espaces du bâtiment pour la rénovation, elle a imaginé la création d’une entreprise sociale et de rester dans une optique « durable ». Petit à petit, des personnes lui ont demandé s‘il était aussi possible pour eux d’y vivre, alors quelque chambres ont été prévues. C’est ainsi que le projet est peu à peu devenu celui de la création d’un « centre de vie durable » (麗日永续生活中心 « sustainable lifestyle center »). Un espace de vie, l’idée étant de permettre aux personnes d’y vivre, manger de la nourriture saine, prendre part dans des activités ou des cours, etc… Pour Li TingTing, ce qui est vraiment important dans ce projet, c’est de pouvoir « partager des expériences »10.

« Gooday » devrait officiellement ouvrir en juin 2016 et sera bientôt enregistrée comme entreprise. « On doit s’enregistrer comme une entreprise. Mais en fait, on fonctionnera vraiment comme une entreprise sociale. Parce que […] en Chine, il n’y a pas d’ « entreprises sociales » : On peut « faire comme une entreprise sociale » même si ça ne sera pas appelé comme ça. »11

Lieu d'expérimentation d'un "sustainable lifestyle"

Le partenariat avec Hangzhou Pubmen ( 杭州朴门) « permaculture design » a duré de octobre 2015 à avril 2016 ; en faisant intervenir une douzaine de volontaires sur le plus ou moins long terme. Ce partenariat a été très important pour la reconstruction du bâtiment, et a permis de penser et d’aménager la vieille maison ainsi que le lieu de vie dans un mode de « permaculture » visant à limiter le plus possible les déchets et le gaspillage. On y trouve des livres à disposition, notamment d’éco-construction et un four construit à base de briques et de torchis. Cet espace est pensé et régi selon les règles suivantes :

 ♦ Utiliser des matériaux de construction naturels ou recyclés, Minimiser les déchets de construction : Autant que possible, la vieille maison est construite avec des matériaux trouvés sur place, ou de récupération (pour faire le torchis etc).

 ♦ Toilettes écologiques : Il y a des toilettes sèches sous forme de toilettes turques qui permet de récolter séparément l’urine et les excréments. Il faut ajouter des copeaux et tiges / feuilles sèches de maïs sur les excréments qui tombent dans de grandes caisses. Il faut humidifier le contenu des caisses une fois toutes les 5 semaines (des champignons y poussent et il n’y a aucune odeur), ce compost se fait en une demi année il peut ensuite être utilisé dans le jardin du dortoir.

 ♦ Appliquer des systèmes d’économie d’énergie : Comme souvent en Chine, il y a un chauffe-eau solaire et une réserve d’eau sur le toit. Limiter le gaspillage d’électricité est une pratique quotidienne.

 ♦ Conservation : Préservation des savoir-faire locaux et de l’architecture de l’ancienne maison.

  Tri des déchets et compost : Le but est de minimiser le plus possible les déchets : refuser les sacs plastiques, avoir ses propres sacs pour aller sur le marché, séparer le carton du plastique quand nécessaire. Les déchets alimentaires sont gardés pour faire du compost.

  Tri des déchets et compost : Le but est de minimiser le plus possible les déchets : refuser les sacs plastiques, avoir ses propres sacs pour aller sur le marché, séparer le carton du plastique quand nécessaire. Les déchets alimentaires sont gardés pour faire du compost.

 ♦ Refuser l’utilisation de pesticides, engrais et OGMs : Sur le marché à Tuanjie, une personne vends des légumes sains. Peu – voire pas – de viande est consommée. Par ailleurs, l’utilisation de shampoings ou produits vaisselle est aussi interdite. Ces produits sont remplacés par exemple par des mélanges de plantes et des noix pour la lessive et vaisselle. Des fibres de luffa servent d’éponge.

 ♦ Système de traitement des eaux usées12 : Toutes les eaux usées (cuisine, douches, machines à laver ; mais aussi l’urine de façon très diluée) sont récupérées et filtrées en passant par différents systèmes. Une première bassine permet de filtrer l’eau de la cuisine puis un système de tuyaux et filtres traverse les petits espaces aménagés avec des galets et plantes. Il y a des ouvertures pour voir la manière dont le nettoyage naturel de l’eau usée se fait ; après avoir passé ces différents stades, l’eau se diffuse ensuite dans jardin -dont le sol est recouvert de copeaux de tiges et feuilles de maïs-. Ce système doit être nettoyé une fois par semaine.

 ♦ Jardin comestible13 : Situé dans la cour, on trouve un jardin de « culture hors-sol », les plantes poussent entre les copeaux qui y sont disposés.

Si, pendant le partenariat avec Hangzhou Pubmen ( 杭州朴门) cet espace était réservé aux volontaires seulement, il est maintenant un lieu de visite pour les familles venant faire des activités, et pourra héberger des gens dans le futur. Des activités sont occasionnellement organisées, comme des pic-nique, des cours de cuisine, la récolte…14

L’objectif de « Gooday » est donc d’accueillir des personnes, créer un « jardin de permaculture », proposer des ateliers collectifs et partager des idées, des savoir-faire et des expériences, vers un nouveau mode de vie. Mais aussi de promouvoir une alimentation saine, dont la provenance est connue et qui permet de payer directement les agriculteurs. Que ce soit dans ce lieu ou via les partenariats avec d’autres restaurants. L’aspect social, outre la création d’une activité locale en étant en contact avec les gens du village, vise à permettre aussi un lieu d’accueil pour les personnes âgées et les enfants, qui peuvent y trouver de l’aide en cas de besoin.

Aujourd’hui le projet accueille différentes idées tant qu’elles concernent la protection de l’environnement, la recherche d’une nourriture plus saine, et qu’elles permettent d’aider la population locale15. À long terme, Li TingTing rêve de construire un « éco-village » avec un comité d’artistes, l’espace permettrait alors aussi de vendre des produits à la fois artistiques et écologiques16. Mais elle n’exclut pas non plus l’idée de trouver d’autres bâtiments pour développer ce type de projet ; -notamment à la fin du bail-. Elle aimerait promouvoir un « sustainable lifestyle », bénéfique à la santé, et permettant de « ne pas vivre seulement pour l’argent »

Il faut dire qu’elle fait face à une demande de la part des citadins, notamment des familles qui ont des enfants et veulent leur donner une possibilité de vivre et d’apprendre de la nature17. Cela révèle une prise de conscience forte et une population sensible à ces questions, en émergence en Chine.

 

Informations complémentaires :

Adresse :昆明市西山区团结街道雨花社区大墨雨村

Blog: http://www.weibo.com/goodaygooday

Article : http://www.gokunming.com/en/blog/item/3624/building_a_sustainable_skills_learning_center_from_the_ground_up

1« I just want to do what I want, […] I want to be myself. But not just to get a job and go to work everyday. I want to choose another lifestyle actually ». Extrait d’entretien, 27 mars

2Discussion informelle Août 2015

3Vers une autre méthode de permaculture « 食物森林” la forêt de la nourriture

4« Mode de vie soutenable » : 永续生活 (yong xu sheng huo )

5Extrait d’entretien, 27 mars

6http://www.slowfood.com/

7Discussion informelle, 26 mars

8lien

9Discussion informelle, 26 mars

10Extrait d’entretien, 27 mars, traduit de l’anglais par mes soins

11Extrait d’entretien, 27 mars, traduit de l’anglais par mes soins

12Grey water Treatment System

13The edible garden

14Discussion informelle avec Li Tingting, août 2015

15Discussion informelle avec Li Tingting, août 2015

16Discussion informelle avec Li Tingting, août 2015

17« natural education »  : « Parce que, certaines personnes ont des enfants, et ils veulent leur donner une « natural education », et ils veulent venir pour vivre ici ! [rire], pas seulement vivre un week end ou quelque jours, ils veulent y vivre un an, deux ans… sur le long terme. »

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