LES 5 CERCLES (1re PARTIE)

Réussir sa vie touche au moins deux niveaux : le bien être personnel et le bien être collectif. C’est évidemment une approche pédagogique puisque le bien être personnel est corrélé au bien être social et écologique. En d’autres termes, bien être « personnel » et bien être « collectif » c’est la même chose.

 

C’est l’ensemble du bien être que nous essayons de travailler chez Etika Mondo avec les porteurs de projet que nous accompagnons. D’où notre entrée sur le développement personnel et notre finalité sur la réalisation de projets éthiques. Nous considérons que si cet alignement est réussi, alors nous avons contribué à rendre des gens heureux. Plus largement, nous osons penser que la Terre sera en bonne santé quand les gens seront heureux. En effet, nous pensons que les guerres et la pollution sont les fruits de la détresse.

 

Alors tout d’abord, pour nous, un porteur de projet c’est soit quelqu’un qui veut se lancer, soit quelqu’un qui s’est déjà lancé dans un projet. Les deux portent une ambition : démarrer ou bien améliorer voire propager ou encore faire perdurer quelque chose. Nous incluons aussi les personnes qui se cherchent, qui y voient flou, mais qui veulent s’engager. Nous accueillons aussi les personnes qui préfèrent rejoindre une équipe plutôt que de créer leur propre initiative. Bref, nous accompagnons toute personne qui souhaite réaliser sa vie : faire quelque chose en conscience rivé sur des valeurs. Nous n’avons pas les compétences d’accompagner des personnes qui ne se sentent plus de faire quoi que ce soit. Qui ne parviennent plus du tout à se projeter. Peut-être évoluerons-nous. Pour l’heure, nous ne savons pas faire.

 

Qui dit projet, dit projet de vie. C’est ce que nous allons voir avec les 5 cercles. Et qui dit projet et projet de vie dit impacts. C’est là que les 7 champs de l’éthique interviennent : écologie, santé, social, économie solidaire, démocratie, éducation et culture. Je présenterai chacun de ces 7 champs en détail ultérieurement. Si toutefois vous êtes impatients, vous pouvez visionner cette vidéo (à partir de 2:00), hélas de mauvaise qualité, mais bon, ça vous donnera une idée sur l’approche que nous avons de l’éthique.

 

Les 5 cercles sont hyper importants. Il est vraiment nécessaire pour le porteur de projet de bien les réfléchir. C’est une condition sine qua non du bonheur. Et n’oubliez jamais que le bonheur n’est pas le plaisir : le plaisir est éphémère là où le bonheur est durable. Le premier est événementiel là où le second est structurel. Après on peut dire que oui le bonheur existe car il génère des plaisirs. Mais l’inverse n’est pas vrai ! Une addition de plaisirs n’amène pas au bonheur. C’est là où parfois des personnes s’effondrent au moment où elles prennent conscience d’un vide existentiel malgré une consommation continuelle de plaisirs. Par exemple le sexe, l’ébriété, le voyage, les gains d’argent, la bouffe peuvent être une succession de plaisirs non constructifs, des expériences additionnées sans aucune structuration, sans véritable architecture de vie. Inutile de dire combien faire l’amour amoureusement est un bonheur là où baiser comme des bêtes est un plaisir (et les deux sont évidemment compatibles : le couple heureux peut aussi très bien baiser comme des bêtes !). Plus une relation fait cas d’une connivence forte et qui dure, et plus le simple contact à l’autre est intense malgré qu’il soit souvent répété. Sans faire un cours sur la sexualité, oui il peut y avoir des amours éphémères qui soient particulièrement intenses. Mais quand vous embrassez amoureusement la personne avec qui vous construisez votre vie, à l’émotion du mélange des corps s’ajoute la force de la gratitude. Certains rappelleront de possibles lassitudes versus le piment de nouvelles rencontres. Oui. Quiconque s’est amusé à errer ou à vivre seul se souvient de nombreuses fois où le matin on rêverait de partager un petit déjeuner avec une personne vraiment aimée. Ah les matins mal accompagnés ou seul.e face à sa solitude… Dur ! Souvent la lassitude sexuelle n’est que le reflet d’une lassitude de vie. Et là, soit c’est parce qu’on a oublié tout ce que l’on a construit et alors ça vaut le coup de faire un exercice de remémoration (faites-le avec la personne aimée), soit c’est parce qu’on n’est pas aligné avec ses 5 cercles et donc que certaines choses nous pèsent. Génial ! Que ce soit l’un ou l’autre : de jolis chantiers sont en perspective ! Et qui dit défi dit construction de son bonheur. Pour conclure sur cette aparté, on pourrait débattre sur des formes moins conventionnelles de relations. Quand bien même un couple à trois sera plus heureux dans les ébats si les protagonistes rêvent et construisent ensemble et dans le temps, plutôt que si ces âmes errent perdues comme on consomme. Enfin, si vous êtes seul.e et que vous rêvez de l’être aimé.e, restez zen : plus vous allez investir votre énergie dans chacun des 5 cercles et plus vous allez déclencher ce qui est communément appelé la loi d’attraction. Rien de bien exceptionnel : plus vous êtes conscient des valeurs qui vous animent et plus vous êtes aligné.e avec ces valeurs et plus vous allez dégager du charisme et du charme. Et croyez-moi, le charme génère une attraction incroyablement forte. Passons maintenant à la présentation des 5 cercles :

 

1) l’égo : qu’est-ce que je veux pour moi, qu’est-ce que je ne veux pas ?

 

Il est important de s’assumer et de s’écouter. Pour aider les autres il faut déjà être ancré soi-même dans sa propre réalisation, sa propre confiance. Et pour ça il faut savoir ce que l’on veut. C’est un exercice pas toujours évident car on se façonne dans l’interaction avec les autres et avec notre environnement. Donc, il peut être plus facile de réfléchir aux quatre autres cercles avant de revenir au cercle de l’égo. Toutefois, attention de bien veiller à se façonner soi, selon son énergie, sa matière, et les relations que l’on souhaite, et pas de se façonner en substitution aux autres. Nous l’avons dit : se façonner soi, passe forcément par l’interaction. Ainsi, on nourrit tous une vision qui prend forme dans l’échange. Concrètement, on a tous un intérêt dans notre relation aux autres et à la nature. Ce n’est pas malsain d’avoir un intérêt. Ce qui est malsain c’est de nourrir un intérêt uniquement égocentrique et d’autant plus si cet intérêt ne va pas dans le sens des autres. Or, tant que l’on n’est pas conscience de ce qui nous plaît vraiment, et de ce qui ne nous plaît pas, on peut se croire altruiste tout en allant en fait puiser notre énergie chez celles et ceux que l’on croit aider. C’est là où naissent les manipulateurs malgré eux. Quand on sait où on veut aller et où on se sent bien, on peut chercher son intérêt tout en cherchant l’intérêt des autres. Parce qu’on est clair avec soi-même on peut être clair avec les autres. Et qui se ressemble s’assemble : trouvant des intérêts similaires, on aime retrouver des personnes qui nous comprennent, des ami.e.s, de la famille, parce que ces personnes vont dans le même sens et apprécient les mêmes situations. Ca n’exclut pas de rencontrer des personnes différentes qui peuvent nourrir les mêmes valeurs sous des aspects bien différents. L’échange culturel a ça de génial. Je me souviens accueillir mon amie Haïli, vivant en Chine et de passage en France. Forcément c’est pique-nique et petit feu dans une très belle vallée après une rando fort sympathique. Quand elle me voit mettre les pommes de terre dans les braises la voilà qui pousse un cri de joie et qui, la larme à l’oeil, me dit que je fais exactement les mêmes gestes que son grand-père. Incroyable ! Malgré les distances, le lien à la nature est le même. Et bien pourquoi dans cette situation l’émotion a été forte ? Justement parce que au-delà de toutes nos différences, nous trouvions un point commun. En revanche, je mets au défi quiconque d’apprécier des personnes dont les valeurs sont en totale opposition. Ca n’exclut pas de s’y intéresser pour essayer de les comprendre, et donc de chercher à voir s’il n’y a vraiment aucune connivence possible. Mais si les écarts sont trop grand, bien que le respect puisse naître, il n’y aura pas rassemblement. Et si la proximité est forcée, il y aura au mieux l’union d’un groupe mais pas l’union d’une équipe. Parfois, on peut quand même trouver une connivence avec une personne très différente par une souffrance vécue similaire. Là encore un point commun et donc l’intérêt d’être compris et de compatir. On peut trouver aussi un intérêt dans une forme de condescendance (plus ou moins saine selon les situations) : la volonté d’aider quelqu’un que l’on sait en situation de fragilité parce que ça valorise ou encore parce que ça répond à la vision de la société à laquelle on aspire : un monde solidaire et/ou égal par exemple. La condescendance est particulièrement malsaine quand le sentiment de supériorité est fort et nourrit l’égo et quand les personnes aidées n’ont pas demandé à être aidées. Voire quand les personnes aidées ne savent pas ce qui est bon pour elles parce qu’elles n’ont pas fait ce travail des 5 cercles. Pire encore, quand sous le principe de l’aide c’est toute une culture qui est éradiquée, la personne croyant aider cachant de manière inconsciente la volonté de détruire ce qui ne lui convient pas par peur de la différence… Tous ces exemples prouvent combien nous nous façonnons dans l’interaction et donc combien se centrer est essentiel et combien parallèlement il est vain de vouloir bâtir sa vie sur son nombril.

 

2) la famille : qu’est-ce que je veux comme situation familiale ?

 

Ca peut surprendre, mais pas mal de gens n’ont pas souhaité la situation familiale qu’ils sont en train de vivre. Tout simplement parce qu’ils ne l’ont pas vraiment réfléchie au départ et/ou parce qu’ils se sont laissés vivre. Evidemment, j’exclus de cette analyse les drames. J’en parlerai en conclusion de cette série d’articles. Aujourd’hui, on rencontre quelqu’un comme on va boire un verre et il n’est pas rare de faire des enfants comme on prend un train. Bon c’est évidemment une caricature et il arrive que ça fonctionne très bien. Mais avouez que c’est quand même plus pertinent de savoir où l’on va, et plus encore de choisir ce qu’on veut. Commençons par la famille que l’on se construit. D’abord on rencontre une personne. Se laisser le temps de découvrir l’autre : qui est-ce, quels sont ses goûts, ses connaissances, ses compétences, ses ami.e.s, sa situation, ses origines, son parcours, ses craintes, ses défis, ses projets, ses rêves… Sait-elle seulement où elle veut aller ? A-t-elle seulement conscience de sa situation ? De ses chances, de ses talents ? Comme nous l’avons vu avec le cercle de l’égo, c’est en traversant à minima ces thèmes que vous allez trouver plus ou moins de points communs. Inutile de chercher la réplique parfaite de qui vous êtes et de ce que vous aimez. L’important c’est surtout de trouver une vision et des valeurs similaires. Toutes les autres différences sont autant de richesses qui se mutualisent. Evidemment, au fur et à mesure des échanges avec la personne, son jugement sur la vie, sur ce qui est important, sur ce qu’on veut construire peut évoluer. On dit d’une personne qu’elle est inspirante parce qu’elle confirme que nos rêves sont les bons parce que ce sont les mêmes que les siens, qu’elle en a réalisé une partie, ou encore parce qu’elle nous ouvre de nouveaux horizons avec des idées nouvelles. Le tout, c’est de prendre le temps de découvrir l’autre puis de peser les choix plutôt que de foncer et se rendre compte quelques petites années après, qui plus est avec des enfants au milieu, que finalement ça ne va pas le faire du tout. Ceux qui souffrent le plus ce sont les enfants. Et pour celles et ceux qui ne veulent pas d’enfants, justement ! Important de ne pas frustrer l’amoureux.se. Alors nouveau point sexe, j’y reviens tant le sujet est proscrit et se retrouve surtout dans l’ode au porno alors qu’il y a pourtant pas mal de choses à dire et à débattre dans l’ode à l’amour. Pour mon avis, évitez de vous jeter comme des morfales dès que vous croisez une personne qui vous fait vibrer. Si vous avez vibré, souvent l’autre aussi. Sinon c’est qu’il y a un possible rapport dominant-dominé et c’est pas très bon. Dans ce cas, mieux vaut avoir mal au début en acceptant la frustration de ne pas continuer, plutôt que de nourrir ce rapport et souffrir longtemps et de plus en plus intensément. En dehors de ce contexte, si la personne vous accorde du temps sans autre intérêt que vous, pour qui vous êtes en dehors du travail, et que vous vibrez, soyez certain.e qu’en face il se passe aussi un truc. Deux petits indicateurs : 1) si la personne ne parle que d’elle et ne s’intéresse pas à vous… pensez uniquement cul ou partez en courant, 2) si la personne ne répond jamais clairement à vos questions pensez « compliqué » et donc voyez-vous plutôt dans le rôle du psy ou là aussi partez en courant. Le premier cas c’est le/la narcissique, le second c’est le/la manipulateur. Evidemment sachez écouter les réponses faites et pas seulement ce que vous avez envie d’entendre. En troisième outil de détection : le temps fait son affaire. Toute impatience a ses raisons. A vous de voir si elles vous conviennent. Dans le cas d’une connivence forte avec une personne avec qui on se projette assez facilement pour faire sa vie, on pourrait me demander pourquoi attendre et ne pas se précipiter dans l’effusion des ébats ? Car nous ne sommes plus au Moyen-âge après tout. Et bien parce que c’est tout le jeu de prendre le temps des plaisirs de la vie. Laissez prendre le feu. Et surtout, par la suite, tout au long de votre vie, sachez alimenter le feu. C’est le jeu le plus agréable qu’il soit. Et pour tout dire, à mon avis, le plus constructif. Après soyez attentif.ve aux situations de l’un et de l’autre. Là où une personne peut vouloir une aventure parce qu’elle sort d’une liaison compliquée et cherche surtout un.e ami.e, du réconfort et du plaisir, l’autre peut être en pleine quête de l’idéal idylle donc du bonheur. Aussi je suis favorable à ce que les personnes dans une situation vacante ne fassent pas traîner la présentation de leurs intentions afin de ne pas faire souffrir la personne qui ne serait pas dans cette dynamique. C’est un excellent exemple pour souligner combien être clair avec soi-même permet d’être honnête avec les autres. Certain.e.s me diront qu’en agissant de la sorte on tue tout le jeu de la séduction. Ce n’est pas faux. Et si l’on veut jouer à fond la séduction et créer un rapport violemment et agréablement épicé, alors dans ce cas il faut s’assurer que la personne en face n’est pas dans la dynamique de vouloir créer un véritable couple. Sinon on se fait plaisir mais on peut totalement détruire l’autre d’autant plus que la situation se prolonge. Dans ce cas on entre dans la manipulation pour l’intérêt égocentrique. Passées ces petites leçons de primes interactions épicées, revenons à la rencontre qui veut aboutir à une famille choisie. Comment est-ce que l’on se projette par la suite ? C’est quoi nos journées de rêves ? Quel chemin on prend pour y parvenir ? Que ces discussions sont belles ! Et surtout ne croyez pas, avec un brin d’enthousiasme, d’optimisme et de poésie, elles se prolongent toute une vie ! Et si on veut des enfants, pour leur apporter quoi ? Comment ? Alors évidemment, ne tombez pas dans le lourd, limite contractuel avec alinéas. Mettez des couleurs dans votre vie et abordez ces sujets au fur et à mesure que le piment prend. Soyez fous dans vos rêves tout en étant pragmatiques : osez rêver dans ce qui vous tient le plus à cœur et ensuite voyez comment transformer cela dans un plan pragmatique. Mais nous aurons le temps de revenir sur l’étape « projet » dans d’autres articles. Autre petite recette efficace : co-construire un rêve à deux c’est pas mal du tout. Il n’est pas rare que ce soit quand les rêves et les intentions commencent à diverger que les couples les plus fragiles commencent à fissurer. A l’ère moderne, avant d’évoquer ces sujets engageants, vous pouvez avoir déjà passé la porte des tendresses. On en n’est plus à l’attente du mariage pour partager certaines petites gourmandises. Mais avant de vous définir et vous exposer aux yeux de tous comme un couple établi, prenez le temps de partager ces questions fondamentales. Sans quoi le nouveau super-couple pourrait bien se prendre une pelle dans les prochains mois. Evidemment on peut évoluer dans la vie et donc remettre en question des projets, voire une vision. Et bien disons que plus on est clair avec soi-même et avec les autres et mieux on parvient à matérialiser sa spiritualité. Quand quelqu’un change du tout au tout, souvent c’est qu’il y a une rupture dans sa conscience. Que quelque chose n’a pas été pensé avant, que la direction prise n’était finalement pas si importante, ou encore qu’il y avait encore un rêve derrière qui n’a pas été avoué. Et parfois c’est parce qu’un nouveau rêve éclot. Et bien dans ce cas, nulle raisons de rayer la vie passée. Au contraire, si elle a été bien soignée, elle est le terreau fertile pour le nouveau. Pourvu évidemment que ce nouveau fasse sens avec ce qui a été jusqu’alors bâti. Sans quoi ça n’a pas de sens. Et une rupture qui n’a pas de sens est dramatique pour tout le monde. D’où l’importance de se construire en conscience et de trouver ses motivations profondes pour ne jamais vivre une crise de sens. De fait, challenger nos consciences avant de se lancer dans l’aventure de la famille pour éviter les ruptures puis prendre le temps de se tester la réalisation d’un premier projet commun avant d’avoir un enfant. Et se challenger c’est éviter toute suffisance. Ainsi toutes ces belles questions évoquées n’ont d’intérêt (et d’efficacité) qu’avec un questionnement fort sur les sept champs de l’éthique. Et là l’affaire se complique un peu ! On dépasse l’accord commun qui serait évident perdu dans les yeux l’un de l’autre. Car c’est bien ça le piège du coup de foudre : brûler vite en oubliant de préparer le terreau pour pousser et fructifier longtemps. Prendre les projets et la vision commune et les challenger avec les sept champs de l’éthique va poser sur la table du débat et la recherche de solutions. Plus ce travail sera construit et plus le couple aura appris à conceptualiser ensemble. Donc à priori à s’adapter ensemble à de nouvelles situations. Bref, à éviter des ruptures soudaines. Et le but n’est pas tant de s’effrayer de la rupture, mais plutôt de vivre une vie super épanouie. Prévoir ce n’est pas tuer le rêve. Au contraire. On peut croire que dès lors qu’on prévoit on coupe la possibilité à autre chose. Au contraire, prévoir c’est établir un plan pour matérialiser le rêve, pour lui donner corps, pour lui donner vie. La seule limite au rêve serait de ne pas le réaliser. Et c’est une fois qu’on réalise un rêve qu’on peut commencer à en réaliser un autre. Enfin, la vie est si belle qu’on peut même réaliser plusieurs rêves en simultané. Mais attention ! Plus on est ambitieux et plus les difficultés sont grandes. Donc mieux vaut un focus sur un rêve et le réaliser que partir tout feu tout flamme et s’épuiser à ne rien réussir. Et quand je parle de plusieurs rêves c’est un rêve dans chacun des 5 cercles. Je déconseille vivement (en tout cas au début) de lancer plusieurs rêves dans chaque cercle. C’est un coup à perdre le nord. En revanche, il est évident qu’il faut se laisser le temps de rêver. D’où pour mon avis l’importance de ne pas mettre la pression aux enfants avec les questions hyper complexes et du coup angoissantes comme « Et qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » Laissons-leurs d’abord le temps d’être inspirés, de rêver, puis d’être critiques pour qu’ils construisent leur propre vision et leurs propres valeurs. Ce qui ne signifie pas les faire consommer à tout va tout et n’importe quoi. Assumez aussi qui vous êtes, quels parents vous êtes. Naturellement un enfant veut ressembler à ses parents. Assumez-le. Ensuite, ça viendra assez vite, ils remettront tout en cause ! Et là ce sera important à la fois de les laisser libres de cette remise en cause tout en les accompagnant pour que cette remise en cause soit constructive. Etape très difficile. Le métier de parent est le plus difficile mais aussi le plus merveilleux. Et puis il y a la famille que l’on ne s’est pas construite, que la vie nous a imposée : les parents, les sœurs, les frères, les tantes, les oncles, les cousines et les cousins… Les parents : on s’en occupe ? On vit loin ? Et les beaux-parents ? On leur propose un voyage et on dit après que « Oh, je me suis trompé de destination… » ou au contraire on les soigne ? Les frères, les sœurs et leurs enfants ? Quel rapport apprenons-nous à construire à nos enfants ? Une famille éclatée ? Une famille soudée ? Une famille qui ne se dit rien pour sauver les meubles ? Ou une famille qui ose dire mais avec tact, dans la bonne mesure et au bon moment pour avancer ensemble ? Une famille qui vit en parallèle ? Ou bien une famille qui construit ensemble ? Autant de questions, autant de défis. D’autant qu’à deux c’est double challenge. Autrement dire que lorsque l’on rencontre une personne, il y a la rencontre avec cette personne et la rencontre avec sa famille. Et sachez en prendre la pleine mesure. Et puis il y a aussi sa culture, son territoire ou ses déménagements et son parcours, ses ami.e.s. Nous allons aborder ces points dans les prochains cercles. Vous comprendrez donc qu’il est plutôt utile de savoir si l’on est prêt à assumer telle famille avec tel conflit, ou telle autre avec quelque chose de simple mais potentiellement de moins riche. Bref, l’ensemble de ces questionnements ne doivent pas être vus comme des freins et des complications mais au contraire comme tout autant de richesses et de possibilités. Par exemple, vous nourrissez à deux un rêve ambitieux. Comme l’enjeu est de taille vous décidez de faire un focus. Aussi si c’est en parallèle compliqué avec l’une des deux familles, sachez vous préserver le temps que les objectifs de votre enjeu soient atteints. Ensuite vous serez à même de régler des choses : mieux disposés et en confiance vous serez mieux à même de débloquer des conflits. Attention, ce n’est pas non plus une règle universelles. Si vous convenez de votre partenaire malgré une famille particulièrement imposante. Ne vous lancez pas dans un projet ambitieux tout de suite. Sachez d’abord assurez vos nécessités pour prendre le temps de régler les relations avec la famille et ensuite lancez-vous. Le tout est de prendre conscience de l’ensemble des opportunités et des risques pour planifier de la manière la plus pertinente possible vos différents objectifs. De nouveau si l’on reprend l’entrée « intérêt » : si vous construisez une petite famille loin de tout vous aurez plus de chance d’être heureux mais vous risquez d’être pauvres en ressources. A l’inverse, vivre proche d’une grande famille avec toutes les complications attenantes demandera du temps et bien des tracas mais sera riches d’échanges et de possibilités.

 

3) le social : les ami.e.s, les voisins, les collègues

 

Le cercle du social regroupe l’ensemble de nos relations directes autres que familiales. A vrai dire le social ne s’arrête pas là et on peut aussi intégrer les valeurs que l’on souhaite développer avec les personnes que l’on croise au hasard d’une circonstance éphémère. Commençons donc par les relations directes. Elles sont composées de trois groupes : les ami.e.s, les voisins et les collègues de travail.

 

Les amis ne revêtent pas la même importance pour chacun d’entre nous. Certains ne voient aucun intérêt à avoir des amis, là où d’autres ont un grand besoin de se sentir proche avec un maximum de monde, là où d’autres encore ont quelques rares amis exclusifs. Parfois les amis remplacent une famille, parfois il y a famille et amis. Parfois les amis sont choisis avec précaution, parfois ils sont les amis des parents ou les enfants des amis des parents, enfin parfois ils sont arrivés comme un cheveux sur la soupe. En fait, tout le monde ne donne pas la même intensité au mot amitié. A l’heure de Facebook c’est rien de le dire mais ce n’est pas rien de le rappeler. Dans le mot « ami », il y a « aimer » de amare. Aimer est un sentiment très fort qui entend une certaine exclusivité. L’exclusivité n’est pas toujours de rigueur. En effet, on peut bel et bien aimer très fort plusieurs personnes. On peut avoir plusieurs enfants, plusieurs parents, plusieurs amis et les aimer tous autant. Donc oui, on peut aimer plusieurs personnes. Aimer, je le répète, entend un sentiment très fort. Or on ne peut pas dire qu’on partage autant avec un enfant ou un parent qu’avec un homme ou une femme que l’on connaît à peine depuis quelques temps. En revanche, on peut aimer son partenaire et une vieille connaissance d’enfance. Encore une fois tout est question d’intérêt et donc l’amour n’aura pas la même intensité ni la même vocation entre l’amour et l’ami. A priori on a eu envie de faire des enfants, de choisir telle famille et de construire tel projet avec telle personne tout en restant proche de l’autre avec qui les sentiments n’étaient pas aussi forts au point de partager son quotidien et de construire ses rêves. Et parfois, au fil de la vie… une vieille connaissance finalement s’avère mieux à même de réaliser nos rêves. Alors ça vaut le coup de se demander pourquoi un tel changement dans notre ressenti ? Peut être parce que l’amoureux.se a été rencontré.e avant ou encore parce qu’à l’époque l’ami.e n’était pas aussi éveillé.e sur tel sujet, tel rêve ce qui se serait inversé dans le temps. Parfois c’est aussi parce que l’être aimé.e et mieux connu.e, donc ses défauts le sont aussi là où l’ami.e peut resté.e vu.e comme un idéal sans défaut où si peu : dormir dans le même lit de quelqu’un qui nous a vexé génère bien plus de frustration que revoir un.e ami.e quelques jours après une petite embrouille. Vous remarquerez que je creuse dans des relations profondément enracinées. Aussi de là à penser que toute rencontre sympathique et stimulante devrait se valoir d’un polyamour comme certains le prétendent, j’avoue être hyper dubitatif quand on voit combien aimer est précieux. Après, qu’on éprouve le besoin de se croire amoureux.se de toutes ses rencontres sexuelles, ça je le comprends totalement. On peut aussi alors dire que l’amour n’est qu’éphémère, etc. Pourquoi, pas. Le tout reste cette question de choix et de l’assumer. Dans tous les cas, l’amour naît d’une vision et de valeurs commune, puis, au fur et à mesure de la relation, de la gratitude. Pour nous recentrer sur l’ami.e, les personnes qui ont déménagé plusieurs fois et/ou tardivement, pourront témoigner de la difficulté à recréer de véritables amitiés. En effet, plus nous avançons dans l’expérience et plus nous affinons nos avis, nos références. Plus nos vies sont remplies par les enfants et les parents. Dès lors, il n’y a plus la naïveté de l’enfance où les amis semblaient être une famille avec lesquels nous passions plus de temps en classe qu’avec nos parents à la maison. Il n’y a plus cette spontanéité où la rencontre c’était déjà une amitié puisqu’il y avait la découverte du monde sans les parents, sans l’école, et donc forcément une connivence forte autour de cette situation commune. Puis au moment des grands choix, quand l’esprit s’est forgé des avis familiaux, politiques et professionnels, les amitiés de connivence se sont créées à une autre échelle, elles se sont affinées. Jusqu’à ce qu’arrivent les premiers nuages lourds et les limites de certaines amitiés, les confiances amochées. Et qu’est-ce qu’il se passe quand on a été déçu d’une amitié (ou d’un amour) ? Et bien on a tendance à prendre plus de temps avant de rouvrir son cœur et de se lancer dans le commun. Et c’est pour ça que j’invite réellement à se poser des questions essentielles avant de partir tout feu tout flamme : pour éviter tant que possible de perdre la beauté de la confiance, de perdre du temps. Ca ne coûte rien de prendre le temps de réfléchir, de se construire. En revanche, ça coûte cher en temps d’avoir fait fausse route et d’ouvrir les yeux tard. Plus les échanges sont constructifs et plus ils façonnent une culture commune. Plus il y a culture commune et plus il y a amitié et résilience du groupe. Alors attention, culture commune ne signifie pas culture uniforme. Il y a une nuance pas évidente mais essentielle. La résilience naît de la biodiversité puisque plus il y a de formes de vie dans un écosystème et moins il y a de chance l’ensemble de cet écosystème soit ravagé par un choc. Et ça fonctionne parce que l’écosystème, malgré des différences fondamentales entre les espèces, vit une sorte de « culture commune » : un cadre homogène. D’où la notion d’écosystème. Pour tenter de transférer ce principe à l’échelle d’un groupe social, je dirais qu’une fois que tout le monde s’accorde sur une vision et des valeurs communes, plus il y a une de personnes différentes dans le groupe (par leurs compétences par exemple) et plus le groupe sera résilient. Evidemment en contre-partie, plus le groupe est diversifié et plus il aura de mal à communiquer, un peu comme dans un écosystème où l’on peut avoir l’impression que des espèces vivent en totale indépendance les unes des autres. Et c’est pour cela que le couple n’est pas la famille, que la famille n’est pas le groupe d’amis, etc. Parce que les connivences ne sont pas les mêmes. Bref, on n’ira pas dire que les amitiés d’enfance ne valent rien parce qu’elles seraient spontanées et non réfléchies. Au contraire. Si tel et tel enfant se trouvent, c’est bien parce qu’ils se rassemblent dans leurs goûts, leurs codes, leurs rêves, avant de se façonner en tant que groupe au fur et à mesure de l’évolution de leurs existences. Et ces amitiés peuvent devenir très fortes et durer toute une vie. Toutefois, prenez le cas d’un changement de carrière pour des motivations liées à des valeurs, avec à la clé un déménagement. Il n’est alors pas surprenant que des amitiés fortes d’avant ne le soient plus après : un des amis ayant changé de vie. Dans tous les cas certains diront que l’on ne choisit pas sa famille mais que l’on choisit ses amis. C’est faux, et à la fois c’est vrai. C’est faux puisqu’on choisit avec qui on veut vivre sa vie. On choisit d’avoir ou pas des enfants. Et on choisit quelles relations on veut construire avec les autres membres de sa famille. C’est faux aussi parce que même quand on choisit ses amis, on les choisit un peu dans une sorte de « réservoir » imposé au fil des rencontres. D’où l’importance de savoir ce que l’on veut pour rencontrer des groupes dont on apprécie les idées, les réalisations et au sein desquels on a le plus de chance de se construire des amitiés. Le premier de ces groupes, c’est évidemment le collège quand les élèves choisissent une première orientation. Puis vient le choix de son travail. Car oui, on choisit son travail. Nous allons le voir avec le quatrième cercle. En revanche, c’est vrai qu’on ne choisit pas sa famille mais qu’on choisit ses amis dans le sens où si on choisit de construire certaines relations avec nos parents, quoi qu’il en soit on ne les a pas choisi comme on peut choisir rigoureusement ses amis. Vous l’avez compris, je joue sur les nuances pour souligner combien tout est dans le choix. Un choix dont la qualité se trouve dans notre capacité à identifier nos motivations, donc à nous inspirer, à nous assumer, à établir un plan, à écouter les autres puis à prendre le temps de construire nos relations.

 

Parlons maintenant des voisins. Si je les place avant les collègues de travail c’est parce que nous reviendrons sur ces derniers dans le prochain cercle mais aussi parce que nos voisins vivent à proximité immédiate. La logique voudrait que l’on vive d’abord proche des gens que l’on aime. D’autant que nous façonnons avec nos voisins le territoire que nous habitons, notre lieu de vie. Oui, disons-le nous, les voisins on a tendance à les oublier alors qu’ils sont essentiels ! Bizarre quand on prétend vouloir construire un monde meilleur de vivre à côté de gens que l’on ne connaît même pas. Il n’est donc pas impertinent de chercher à construire de bonnes relations de voisinage, voire de les transformer en amitiés. Bonne nouvelle, à priori il y a au moins le point commun d’habiter le même territoire. Bon, les plus pessimistes diront qu’on ne choisit pas ses voisins non plus. En même temps ce n’est pas tout à fait vrai (voilà que je recommence avec mes nuances). Quand on déménage, et c’est courant à notre époque, on choisit son territoire. Certains diront que parfois on déménage par obligation. Et bien non ! On déménage toujours pour une bonne raison, pour un choix assumé ou pas. Mais même quand le choix n’est pas assumé, c’est un choix. On peut aller dans un lieu que l’on n’aime pas parce que l’on se rapproche d’un parent nécessiteux ou que l’on a décidé de rester dans une boite qui nous mute. Là, oui on vit à côté de personnes qui n’ont pas forcément la même appréciation que nous du territoire, du climat, de la culture locale (quand il en reste encore une…). Néanmoins, on peut trouver chez cette personne des références communes au parent et donc lui trouver une certaine sympathie à défaut d’une véritable amitié. On a toujours de quoi semer des fleurs dans notre cœur ou au moins d’essayer sérieusement. Pour construire une amitié avec ses voisins, il est évident qu’il est préférable soit d’investir un lieu avec des amis (nos amis devenant nos voisins), soit si les amis ne sont pas au rendez-vous, d’assumer son choix. Dans tous les cas, le voisinage est un sacré défi et un véritable enjeu de société. Il existe pourtant des leviers pour améliorer ces relations. Que ce soit via l’événementiel, l’entraide, l’économie, la culture, la gestion du temps et de l’espace. Seulement, comme aujourd’hui il est plus facile de se faire des « amis » sur les réseaux sociaux (on supprime en un clic quelqu’un qui nous agace), on a tendance à passer moins de temps avec le voisinage. Fût un temps, le voisinage était un peu la seule télévision, le seul site internet possible. Construire des relations solides avec ses voisins ou choisir de vivre dans l’indifférence totale, voire dans le conflit, fait partie intégrante de nos choix de société et donc de la construction de nos cinq cercles. Un voisinage cordial voire amical favorisera le bien être. A l’inverse, un voisinage belliqueux plombera l’ambiance au quotidien. Il existe aussi la situation inverse : des voisins forts sympathiques mais tendance hyper envahissants. Ceci dit, mieux vaut être agacé par une situation sympathique trop répétitive plutôt que par des guerres de clocher. Donc, quelque soit la situation, il n’y a pas à négliger son voisinage. D’autant que des voisins envahissants ça se gère aussi dans la franchise, le temps et la bienveillance : on peut dire qu’on a besoin de plus d’intimité et puis prendre le temps de les rassurer avec des marques d’affection. Toutefois, n’oubliez pas qu’on ne change jamais totalement. Les autres non plus. Ainsi sachez voir chez les autres leurs efforts, leurs évolutions, et accepter leurs limites. Vos acceptations font partie de vos efforts à vous. La sagesse naît dans cet espace entre assumer ses choix et vivre dans les marges bienveillantes de ces choix. En d’autres termes, le bonheur se trouve tout au long du chemin qui nous mène là où l’on ne vivra jamais vraiment.

 

Pour les collègues de travail c’est la même. On va le voir dans un instant avec le quatrième cercle : il y a une différence entre choisir son entreprise ou la subir. Et donc choisir ses collègues de travail (ou d’action) ou les subir.

 

Pour évoquer rapidement les rapports sociaux éloignés, certains mettent les mêmes valeurs morales dans leurs rapports de proximité et dans leurs rapports plus éloignés. Mettre les mêmes valeurs ne signifie pas y passer autant de temps mais plutôt garder le sourire, être curieux des autres, être solidaire, avoir de la compassion, partager volontiers un moment… D’autres en revanche peuvent se montrer totalement différents en fonction du niveau de proximité. On peut avoir des gens charmants avec leurs proches et odieux avec les inconnus ou à l’inverse des gens très raides avec leurs proches et toujours conciliants avec les autres. Je trouve qu’un changement radical de valeurs en fonction de la proximité est socialement préjudiciable. Même si ça se passe mal avec nos proches, mieux vaut couper les ponts le temps qu’il faut mais partir sur le principe qu’à terme il y aura pardon et reconstruction. Après si les proches ne le souhaitent pas, tant pis pour eux. Mais pour soit c’est important de se construire dans l’amour propre et donc de savoir oser tenter de guérir des plaies douloureuses. A l’inverse quand on trouve son bonheur chez ses proches, que l’on est comblé affectivement, ça n’exclut en rien d’être agréable avec les autres. La haine et la violence naissent de l’exclusion. Le problème c’est que passé un certain cap, la haine et la violence s’ancre dans un caractère et peuvent frapper un peu à l’aveuglette. Il n’est pas impossible ensuite de les effacer pour recouvrer la joie et l’amour. Juste que ça demande du temps et de l’énergie. Donc tout petit sourire, toute petite amabilité, toute petite fleure semée au gré des autres est un petit plus pour un monde en paix. A l’inverse, que ce soit à l’égard de nos proches comme des autres, toute attitude négative investit dans le conflit. Rappelez-vous : le bonheur est une architecture. Et plus notre architecture est cohérente, bien pensée et tient compte de l’ensemble des enjeux et plus nous sommes rayonnants. Or qui incarne impacte.

 

 

Les autres cercles au prochain épisode ! 🙂

 

Et pour info, je serai en séminaire à partir du 11 juillet à Montpellier et à partir du 26 juillet à Paris. Toutes les infos sont sur ce lien : http://etikamondo.com/lancement-2/

Au plaisir de t’y rencontrer 🙂

 

Boris

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